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Gestion des prisons : Cissé Lô préconise le recours à des privés

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Gestion des prisons : Cissé Lô préconise le recours à des privés

Depuis le Nigeria où se tenait la session du Parlement de la Cedeao qu’il préside, Moustapha Cissé Lô se prononce pour SeneWeb sur l’actualité sénégalaise dominée par la mutinerie de Rebeuss.

En tant que nouveau président du Parlement de la Cedeao, que comptez-vous apporter de plus ?

Je vais poursuivre un chantier que mes prédécesseurs avaient commencé. Dans la vision 2020, il y a une place réservée au parlement. Nous sommes un parlement consultatif qui tend vers un parlement législatif. Beaucoup de choses avaient été faites dans le cadre des avis que le Parlement se devait de donner et dans le cadre de l’accompagnement de l’exécutif de la Cedeao sur les grandes décisions.

Sur la crise malienne par exemple, le parlement avait joué un rôle d’alerte. À ce moment j’étais vice-président. Nous avions joué un rôle extrêmement important pour que les chefs d’Etat puissent prendre des décisions en temps réel.

C’est valable pour la crise en guinée Bissau. Le parlement est consultatif, mais il est écouté par l’exécutif de la Cedeao. Donc nous continuerons à travailler dans cette foulée et essayer de convaincre les chefs d’Etat pour que nous puissions arriver à des prérogatives plus renforcées.

Parce qu’il ne s’agira pas de légiférer seulement, mais il faudrait aussi qu’on essaie d’évoluer positivement en donnant des avis obligatoires, des avis conformes aux chefs d’Etat et au conseil des ministres pour que notre voix puisse être entendue au niveau du sommet des chefs d’Etat au nom des populations. Parce que dans la vision 2020, on doit aller d’une Cedeao des Etats vers une Cedeao des peuples.

 

Comment comptez-vous atteindre vos objetifs ?

Quand nous arrivions à la tête de ce Parlement, il y avait beaucoup de choses qu’il fallait revoir au plan organisationnel. Parce que sans organisation on ne peut aller loin. J’ai pris cette question à bras le corps. J’ai essayé de recruter un nouveau secrétaire général, un Daf nouveau, un secrétaire parlementaire nouveau. Même sur le plan de la communication, nous sommes en train d’innover. Nous allons poursuivre pour montrer à la communauté que le parlement est utile et nécessaire pour les populations.

Nous nous organisons pour mériter la confiance des chefs d’Etat. C’est-à-dire, à côté de la commission, faire ce qu’on nous demande de faire. Et je pense que nous sommes en train de le réussir. D’ailleurs notre budget 2017 va connaître une hausse. De 11 milliards F Cfa, il passe à 15 milliards et quelques. Ce, pour pouvoir prendre en compte toutes les préoccupations des populations.

Je lance un appel à tout le monde, surtout à mes compatriotes Sénégalais. C’est le Sénégal qui assure le leadership du parlement. Donc nous devons travailler pour essayer de réussir la mission pour le Sénégal. Parce que si nous échouons, c’est le Sénégal qui échoue.

Comment avez-vous accueilli le mutinerie survenue à la prison de Rebeuss et qui a fait un mort et 41 blessés ?

C’est avec beaucoup de regrets que je l’ai appris à travers l’internet et la presse sénégalaise. Quand je suis venu à l’Assemblée nationale, avec la commission des lois, j’ai eu la chance de visiter les prisons. Et en son temps j’ai alerté le gouvernement, le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre d’alors et le ministre de la Justice pour leur demander de prendre des mesures immédiates. Et j’avais sollicité le président de la République pour qu’il gracie les détenus qui n’avaient pas commis de délits graves. C’était mon sentiment.

Je m’étais battu pour cela et le président avait suivi mes recommandations. Aujourd’hui, à chaque fête religieuse ou évènement national, le Président gracie 300 à 500 détenus à la fois. Ce que j’ai fortement apprécié. C’est regrettable et je souhaite que le président puisse poursuivre cette démarche et essayer de libérer ceux qui ont commis de petites erreurs pour désengorger nos prisons. C’est très important sur le plan humanitaire.  C’est la raison pour laquelle, quand il s’agissait de libérer Karim Wade j’étais le premier à être d’accord avec cette démarche pour apaiser le climat social.

 

Quelle solution préconisez-vous ?

Aujourd’hui, je pense qu’il faut aller plus loin. On ne peut pas dire qu’on ne doit plus mettre personne en prison, car ce serait le désordre total. Mais il faudrait créer des prisons qui permettent aux détenus de pouvoir avoir leur dignité. On ne peut pas mettre des personnes comme des sardines. C’est inacceptable et inhumain. Je pense que le gouvernement va réfléchir sur cette question.  Je fais partie de ceux qui condamnent cet état de fait. Personne de nous ne peut accepter que son fils dorme dans ces conditions. Donc il faut qu’on arrête ça et qu’on trouve la meilleure formule.

Sinon on doit aller voir les privés qui peuvent aller prendre charge les détenus. En tout cas c’est un débat qui doit être posé au Sénégal. Qu’on parle de cette question. Dès mon retour je partirai visiter les prisonniers pour revoir la situation. C’est la responsabilité de l’Etat de mettre tout le monde dans des conditions de dignité. Donc je lance un appel au chef de l’Etat pour qu’on prenne plus au sérieux cette question, qui n’est pas simple, mais qu’il faut régler le plus vite possible.

 

 



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