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GUEDIAWAYE ET MBEUBEUSS - Protection de la bande des filaos : Les populations construisent malgré des sommations

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GUEDIAWAYE ET MBEUBEUSS - Protection de la bande des filaos : Les populations construisent malgré des sommations


Le service national des Eaux et forêts a du pain sur la planche. Malgré les missions de contrôle, les sommations et les arrestations ajoutées aux menaces de démolition, des promoteurs et certaines populations continuent de construire sur les sites classés qui abritent la bande des filaos. Des actes qui violent le Code forestier et encouragent l’avancée de la mer.


Le débat sur la préservation des forêts classées et le foncier risque d’être très houleux aujourd’hui. Le ministère de l’Environnement et de la protection de la nature organise aujourd’hui à l’occasion de la Journée internationale des forêts, un forum sur la question. Mais, dé­jà hier, lors de la visite dans les différents sites sur la bande des filaos de Mbeubeuss et celle de Ga­daye, les agents des Eaux et forêts ont eu droit à un avant-goût de ce qui sera le contenu. En effet, malgré le caractère classé de ces sites, des promoteurs ont outrepassé le Code forestier et ont commencé à construire sur cette bande qui a pour vocation de protéger le do­mai­ne horticole, mais aussi les po­pu­lations contre l’avancée de la mer.

En dépit également des sommations, les constructions sortent de terre. La délégation a même surpris sur le site des ouvriers qui s’affairaient sur le chantier de Pikine. Le  commandant des Eaux et forêts Souleymane Ndoye, qui dirige cette zone a dû procéder à l’arrestation de ces derniers. «Le Code forestier m’autorise à les arrêter immédiatement et à les mettre à la disposition de la justice et je vais demander au procureur de les garder à vue au niveau de la gendarmerie», a déclaré séance tenante le commandant Ndoye.

 Pourtant, à deux reprises avance le commandant, il a écrit au préfet et au Tribunal départemental pour solliciter des autorisations de démolition. Mais déplore le forestier «ça traîne toujours». Pendant ce temps, une soixantaine de parcelles est en train d’être construite. «Si on ne fait rien d’ici seulement deux mois, on aura des immeubles et les choses vont être beaucoup plus compliquées», soutient le commandant qui lance un appel aux autorités pour sauver ce qui reste de cette bande.

Quelques propriétaires de parcelles, trouvés sur place, étaient très inquiets du discours des bérets verts. Ils ne savaient même pas que cette zone est un site classé et qu’elle n’était pas habitable.

La bande des filaos de Mbeu­beuss également connaît le même sort que celle de Gadaye. Mais dans cette zone, les maisons ne sont pas encore sorties de terre. Le propriétaire, qui se trouve être le maire de Malika, est au stade du lotissement. Contrairement aux promoteurs du site qui se trouve à Gadaye, celui-ci est beaucoup plus coopératif. Il a arrêté les travaux sur instruction des agents forestiers. Seu­le­ment, il n’a pas abandonné. Il continue de réclamer ses terres. Puisque selon lui, ces parcelles sont à lui étant donné qu’il avait demandé en 2009, ainsi que d’autres propriétaires au ministère de l’Environnement l’autorisation de décréter les dunes. Des autorisations qu’ils avaient obtenues. Ces habitants, ne pouvant plus s’adonner aux activités horticoles pour vivre à cause de la dégradation de leur site qui longe la décharge de Mbeu­beuss, veulent morceler leurs champs pour en faire des parcelles à usage d’habitation. «On nous oppose le droit positif alors que le droit coutumier dont nous bénéficions nous permet de disposer de ces terres», proteste le maire.

Mais pour le colonel Amsatou Niang, il ne s’agit pas de confronter deux droits.  «Ce site est classé. Cela avait été fait depuis le temps des colons pour préserver le domaine horticole», renseigne-t-il avant d’ajouter que les propriétaires peuvent cultiver les terres. Par contre, ils ne peuvent pas changer la fonction du  milieu. «Cela est une violation du Code forestier. C’est pourquoi nous avons fait arrêter les travaux», tranche le colonel Amsatou Niang, chef de la division des Eaux et forêts.


6 mille pieds de filao seront emportés par la Vdn


La troisième section de la Vdn qui longe la côte ouest jusqu’à Tivaouane Peulh va grignoter quelque 6 mille pieds de filao. Déjà plus de 1 500 ont été abattus et cela va continuer sur tout le long de la côte. Une bonne partie de la bande située dans cette zone va ainsi disparaître, selon Ibrahima Sarr, chef du projet. Et pour compenser cette perte, un protocole d’accord entre les forestiers et les entrepreneurs a été signé. Il s’agit d’une pépinière qui sera aménagée quelque part dans le département de Guédiawaye. Celle-ci va permettre aux agents des Eaux et forêts de régénérer cette bande verte qui est vieille de plus de 40 ans.

Les entrepreneurs, qui comptent accompagner ce projet, vont en outre octroyer deux pick-up aux agents forestiers. Des bâtiments leur seront aussi cédés ce, dans le but d’accroître la surveillance dans cette zone où des vols s’opèrent fréquemment.



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