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Ismaël Lô : "Nous ne cesserons jamais de pleurer Dabakh…"

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Ismaël Lô : "Nous ne cesserons jamais de pleurer Dabakh…"

L'auteur-compositeur et non moins peintre, Ismaël Lô, est venu vers le quotidien des sans voix. Le prétexte : la sortie de son nouvel album "Sénégal". Mais au-delà de cette belle et singulière production, il jette un regard sur notre "mbalax national", en perte de vitesse ; avec la responsabilité des Sénégalais. Il cloue au pilori la piraterie, et prône la reconversion légale des contrefacteurs. Il revient également sur des figures emblématiques comme Dabakh et Labah Socé. Il dévoile également ses rapports d'avec la politique etout en se démarquant des musiciens opportunistes. Entretien.

L'Office : Ismaïla Lô vient de mettre sur le marché une nouvelle production qui porte le nom de son pays, le Sénégal. Pourquoi un tel dénominatif ?

Ismaïla Lô : Oui ! Et vous avez bien fait de me poser une telle question. "Sénégal", parce que je suis un citoyen sénégalais et j'ai démarré ma carrière ici. C'est le Sénégal qui m'a donné du courage et qui m'a poussé à croire en ce que je fais. Une raison pour me sentir redevable envers ce beau pays, où il fait bon vivre. Et quelque part, nous sommes tous parents. C'est une appellation qui n'est ni dictée, ni téléphonée ; mais je la ressentais. Nous avons beaucoup tourné autour des autres titres de l'album comme « Manko » ou « Tass yakaar ». Mais, j'ai eu une impression profonde qui m'a poussé à donner à l'album le nom « Sénégal ». Je pense avoir fait le bon choix.

L'album est sur le marché depuis maintenant quelques semaines. Quels échos en avez-vous sur le plan international et national ?

Au niveau international, c'est toujours la même chose. La routine, si vous préférez. C'est beaucoup de promotion, beaucoup d'efforts et énormément de kilomètres parcourus pour placer la production au niveau qu'il faut sur le marché. Mais, il faut dire que l'album se présente bien. Et, à cet effet, elles sont nombreuses les personnes qui m'appellent pour me féliciter, et certains vont jusqu'à dire que c'est mon meilleur album. Voilà bien une chose qui fait plaisir. Sur le plan national, c'est la même satisfaction, la même fierté.

Récemment, le gouvernement a fait un geste conséquent dans le cadre de la lutte contre la piraterie. Un combat que vous avez toujours prôné. Avec les mesures prises, pensez-vous qu'il faut encore mieux appuyer sur la pédale pour arriver à éradiquer de manière définitive ce phénomène récurrent ?

Le gouvernement n'a pas fait un geste, mais a tapé un grand coup qui nous réjouit tous. Le phénomène de la piraterie est à un niveau mondial ; surtout aujourd'hui avec les nouvelles technologies. Donc, prendre la décision de mettre sur pied une brigade contre la piraterie est une très bonne initiative. Et je pense que je ne suis pas là pour solliciter les hommes politiques ; mais sur ce plan, je remercie le Président Wade comme étant le protecteur des arts et des lettres et… des artistes. Donc, franchir ce pas est une étape importante pour lutter de la manière la plus âpre contre le phénomène de la piraterie. Alors, nous ne pouvons que nous réjouir des nouveaux textes pour mieux sanctionner les contrefacteurs.

Et qu'en est-il de l'applicabilité de cette loi ?

Mais, ils vont l'appliquer ! C'est une chose qui a été décidée, et qui ne restera pas, je pense, coincée au bout des lèvres. Mercredi dernier, nous avions été reçu par le Président de la république, qui nous a promis beaucoup de choses. Et je pense que le prétexte n'est pas les élections ou par rapport à autre chose ; parce que le combat, nous le menons depuis maintenant plusieurs années. La cause est noble.

Malgré tout, vous ne pensez pas toujours que la création de cette brigade peut ne pas être un clin d'œil électoraliste ? Si vous préférez un cadeau piégé ?

Non, du tout ! Et je ne suis pas d'accord sur ce point. Il faut démonter pour démolir. Moi je vois et regarde le côté positif de la chose. Je ne pense pas que cela puisse être un acte pour la campagne électorale. Je ne le pense ; et par rapport à ma personne, je suis apolitique.

Izo Lô, votre surnom, a-t-il une solution à proposer a ces jeunes se nourrissant de la piraterie, qui puisse leur permettre de gagner dignement leur vie ?

Mais, bien sûr ! La chose est très simple : ces cassettes pirates qu'ils vendent dans les grandes artères de Dakar sont achetées quelque part. Pour eux, acheter à 1000 francs est beaucoup moins cher et plus facile à revendre. Et beaucoup de gens ne comprennent pas le danger qui existe dans la vente d'une œuvre piratée. Si ce phénomène est éradiqué, ils iront tout simplement reprendre des cassettes chez des revendeurs comme Gadiaga ou Talla, et travailler dans la légalité. C'est tout à leur profit.

Ce faisant, la piraterie est-elle le seul mal qui empêche l'artiste de pouvoir évoluer à son aise ?

Ce n'est pas le seul mal. Cela fait partie des maux. Beaucoup de choses aujourd'hui nous empêchent d'évoluer comme on le voudrait. Au-delà du manque d'infrastructures, nos matériels de musique sont taxés à la douane. Ce qui explique la rareté du matériel de musique. Parce que cela coûte excessivement cher. D'autres facteurs aussi font que les choses stagnent et n'avancent point. Cependant, les journalistes se doivent également de jouer un rôle important. De nos jours, il y a musique et musique. Celui qui a une expérience de plus de trente années de musique est mis dans le même sac que celui qui vient de démarrer. On ne cherche pas la différence. Mais, il faut dire que nous ne boxons pas sur le même ring. Malheureusement, c'est ainsi.

D'aucuns disent que le ministère de la Culture n'aide pas de manière conséquente les artistes. Certains vont même jusqu'à affirmer que c'est un ministère d'inauguration et de parrainage de soirées folkloriques. Partagez-vous cet avis ?

Je ne suis pas là pour juger. Ce sont les hommes qui changent. Mais, le ministère restera toujours le ministère. Quoi que l'on dise, il faut laisser le temps au temps. Et à l'individu aussi le temps qu'il faut pour défendre ses idées, et mettre sur pied quelque chose de durable. Pas mal de personnes sont passées, mais celui qui est là travaille et participe à l'évolution de la culture. Il faut ajouter que je ne suis pas du genre à me mettre à l'ombre pour critiquer gratuitement. Mais, il faut aussi se poser la question de savoir si le ministère a le budget approprié pour aider tous les artistes. Quelque part, pour arriver à un stade culminant, il faut un budget énorme. Donc, il ne faut pas tout attendre de l'Etat. Moi, c'est mon cas. Je n'attends point l'Etat. Le monde artistique a récemment tenu une réunion au cours de laquelle tous les acteurs étaient contents du travail que réalise notre ministre de tutelle. Il a une grande ambition pour la culture, dans sa globalité. Il faut arrêter ce cirque, pour dire inauguration ou parrainage. Nous n'avons ni pétrole, ni diamant. Notre seule richesse est la culture, qu'il faut dynamiser. Et, il est en train de faire du bon boulot (Mame Birame Diouf, Ndlr).

Revenons à l'album, que vous venez de mettre sur le marché. Nous remarquons qu'il y a une migration du nord vers le sud; mis à part les sonorités maghrébines, celles sud-africaines prédominent dans plusieurs titres. Est-ce fait de manière délibérée ou est-ce l'expression d'une inspiration ?

Les deux à la fois… Mais, j'ose dire par pure inspiration. Quoi que l'on puise dire, je suis un Africain, et je le vis dans mon art. Mes chansons se résument à mes enfants. Chaque enfant qui naît à sa chance, parce qu'il apporte quelque chose de nouveau. Ensuite, il faut ajouter que j'adore l'Afrique du Sud. En tant qu'Africain, partout où je me trouve, je me sens chez moi. J'ai toujours chanté l'hospitalité et la paix en Afrique. Et on aime énormément ce que je fais dans cette partie du continent. Je suis même surpris de ma notoriété dans ce pays frère. C'est un clin d'œil. Par la même occasion, j'avoue que j'aime et j'adore les sonorités de l'Afrique du Sud, qui sont très riches.

Une manière de vivre votre intégration africaine ?

Je vis mon intégration pleinement, à travers mon quotidien, mes chansons et mes voyages. C'est un passage obligé, pour arriver à cette intégration africaine. C'est la seule issue pour notre continent.

Et en votre qualité de leader d'opinion, ne pensez-vous pas que vous avez votre partition à jouer sur le plan politique, surtout que nous sommes à un pas des élections ?

Mais, bien sûr ! Dans l'album figure une chanson qui s'appelle « Manko ». Et, je n'ai pas écrit cette chanson pour les élections. Je l'ai réalisée depuis un bon moment, et elle parle d'unité. Il faut que le vainqueur soit à l'aise, et que les perdants se rallient derrière sa personne. C'est aussi simple. L'exemple de 2000 est si proche. Et si Wade est battu, que tout le monde se mette derrière le vainqueur, et vice versa. Nous votons pour la paix et là, je m'adresse aux hommes politiques. Qu'ils mettent leurs intérêts de côté, et qu'ils travaillent pour l'intérêt du Sénégal. C'est le plus important ! Moi je le dis en chansons. Pour d'autres, ce sera en peinture ou en littérature.

La chanson seule suffit-elle ? Peut-on s'attendre à ce que vous preniez la parole … ?

(Il nous coupe). Non…non ! Cela suffit amplement. Et il ne faut pas amener le débat là où il n'est pas. (Rires à flot). Nous ne sommes pas des politiciens ; mais des chanteurs. Je ne suis pas Me Wade, ni une autre personne ; mais un leader d'opinion, et je dis à travers mes chansons ce que je ressens. J'ai ma façon de voir les choses. D'ailleurs, hormis Wade, un tel autre personnage politique a sa propre vision. Quelque part, on peut être politicien et peut-être même qu'il existe des artistes politiciens. Moi, je suis très proche du peuple ; mais à ma manière.

Pour ce qui est de la périodicité de vos sorties d'album, est-ce vous qui déterminez le moment et le temps qu'il faut ? Parce que certains artistes mettent sur le marché un album presque tous les quatre mois ou même moins. Pour votre cas, est-ce le marché international qui vous l'impose ?

Non ! Tout contrat, sur le marché international, se veut un disque tous les dix-huit mois. Si tu veux, tu peux enregistrer une nouvelle production en l'espace de quelques mois ; mais on la mettra dans les tiroirs. Quand un disque se vend bien, on n'a pas besoin d'en ressortir un second, qui va freiner la vente du premier. A l'époque, au niveau national, nous le faisions avec de nouvelles productions pratiquement tous les trois mois. Mais ce n'est plus le cas, avec l'expérience acquise. Mais d'autres qui le font toujours ont leurs propres inspirations. Mais, la chose ne se résume pas à quelques coups de tam-tams, accompagnés de quelques paroles, du genre « yama nékh, ma la saf ». Mais, je ne critique personne. En tout cas, moi je préfère laisser le temps au temps. Et, je pense qu'ayant parcouru le monde, j'ai pu voir ce qu'il fallait faire pour essayer de s'imposer. Je prends le temps qu'il faut, et je me demande pourquoi courir. Il faut savoir gérer sa carrière. Je ne vois plus l'intérêt de jouer tous les soirs à Sorano ou ailleurs.

Mais, on dit qu'Ismaël Lô joue beaucoup plus à l'étranger qu'au Sénégal.

Mais, c'est rendre grâce à Dieu. Comme je l'ai dit tantôt, c'est le Sénégal qui m'a encouragé et m'a poussé.

Le public est pourtant là.

Moi, également. Et, ce que vous ne savez pas, c'est que je peux jouer un concert à Paris et y revenir deux ans après. Ne pensez pas que c'est toujours Paris. Mon dernier concert au Zénith remonte à un an. C'est par la suite que j'ai joué à l'Olympia. Au Sénégal, le public me réclame, parce qu'il faut savoir que le nôtre est très possessif et conservateur. Ils sont nombreux, les Sénégalais vivant à l'extérieur et qui sont toujours restés patriotes. Donc, je peux affirmer, sans risque de me tromper, que c'est une fierté pour notre pays de voir Ismaël Lô se produire partout ailleurs dans le monde. D'ailleurs, je vous informe que nous nous produirons en concert le mois prochain, ici à Dakar. Une démarche importante, par rapport au lancement de l'album. Mais, me voir jouer tous les soirs dans une boîte, comme du temps du Super Diamono, c'est chose révolue. Nous n'avons plus vingt ans ! Il faut avoir une hygiène de vie. Mais, courir à tout bout de champ, à cause de l'argent, mène à la mort certaine. Nous ne sommes pas des robots ! Regardez ! Pour ma part, je suis chanteur, peintre et acteur de cinéma. Egalement, j'évolue dans le domaine de l'éducation. C'est beaucoup de choses à la fois ! On ne peut pas être partout à la fois ! Il faut se gérer, pour pouvoir encore tenir longtemps.

Incontestablement, Ismaël Lô fait partie des grands ténors de la musique sénégalaise. Fait-il quelques œuvres, allant dans le sens d'aider la jeune génération d'artistes ?
Mais, du concret ; en leur donnant une bonne éducation et une tenue certes ; mais surtout les aider à la réalisation de leurs maquettes, productions et distributions. C'est ce que nous pouvons faire ; et donner les conseils qu'il faut, à ceux qui nous font confiance. Comme j'ai eu à le dire, nous sommes mis dans le même sac que celui qui vient de démarrer une carrière musicale. Et, c'est malheureux ! Pour certains, il suffit de mettre sur le marché un album,

et voilà qu'ils pensent qu'il sont au même pied d'égalité que Oumar Pène ou Baba Maal. Il faut savoir garder la tête sur les épaules et respecter les aînés. Personnellement, là où je rencontre Laba Sosseh, c'est avec le plus grand respect que je m'adresse à lui, parce qu'il nous a ouvert la voie. A l'époque, je faisais l'école buissonnière, uniquement pour pouvoir le voir et lui serrer la main. Il a commencé à chanter avant ma naissance, et continue de le faire. Voilà bien un exemple, sur lequel la jeune génération devrait méditer. Il faut certes aider ; mais aider ceux qui sont « aidables ». Pour beaucoup, ils n'iront pas loin, s'ils adoptent un comportement les poussant à se mesurer à leurs aînés.

Vous l'avez dit. Il est facile de devenir une star au Sénégal …

(Il nous coupe à nouveau). Oui !!!

Donc ne pensez-vous pas que c'est un facteur bloquant, par rapport à l'exportation du « mbalakh » ?

Bien sûr que c'est un facteur bloquant. Parce qu'à ce niveau, les médias jouent un rôle très important par rapport à ce phénomène. Une musique est là, et tout le monde dit que c'est le « mbalakh ». Nous faisons tous du « mbalakh ». Moi, je fais mon « mbalakh » à ma manière. Je ne critique personne, mais quelque part on n'attend que l'artiste chante pour pouvoir l'identifier. Ce qui n'est pas le cas pour d'autres, parce qu'il ne suffit pas de battre la tam-tam ou le « tama ». Ce n'est pas suffisant ! Et il savoir, par la même occasion, se remettre en question et savoir faire la différence. Mais, le plus important est de produire une musique qui est exportable.

En tant que l'un des précurseurs du "Mbalax", ne vous sentez-vous pas quelque part responsable de cette situation ?

(Surprise, mais réponse catégorique). Ah non, et non ! Du tout ! Les véritables responsables, ce sont les Sénégalais eux-mêmes. Parce qu'il m'arrive de jouer dans de grandes salles, où le public reste assis. Et là, les gens apprécient les airs que je joue ; surtout avec « Tajabone, Lota Lô ou Dibi Dibi rék ». Du coup, s'il y a parmi eux un compatriote, il n'hésitera pas à te dire : « ay way grand yobou gnou waye, yobou gnou bok ». Une manière de réclamer le « mbalakh » rythmique, qu'il a l'habitude d'entendre. Etant Sénégalais, je connais et joue cette musique. Parce que, je sais que ce sont des gens qui ont la nostalgie du pays. Et je dis que dans mes concerts, je joue du « mbalakh » ; mais à manière. Sinon, ce sont les micros et autres branchements qui vont sauter en l'air, s'il est trop rythmique. Et là, un ou deux morceaux « mbalakh », et ils ne se retiennent plus. Mais, il faut dire que cela fait plaisir à voir. Donc, je n'ai pas à critiquer, mais à donner des conseils par rapport à l'expérience que j'ai acquise. Cependant, je reste proche du peuple et de mes compatriotes, où qu'ils se trouvent. Donc, il y a un manquement, par rapport à la symbiose des mélodies et du rythme. Parce que le « mbalakh a toujours été là. Malheureusement, ça n'avance pas. Et des musiques, aussi rythmiques que la nôtre, nous ont ravi la vedette. Et aujourd'hui, on a du mal à voir dans les grandes télévisions du monde la diffusion de cette sonorité bien de chez nous, contrairement au « ndombolo » zaïrois ou au « coupé décalé » ivoirien. Pour ce qui est des autres télévisions, elles diffusent ce qu'elles pensent être une musique internationale. Et une musique internationale, est celle que l'on peut écouter partout. Il y a également la renommée et la chance de l'artiste ; ceci à tous les niveaux. Pour ma part, je joue un « mbalakh » qui est aimé des Sénégalais, Ivoiriens et autres publics à travers le monde.

Ismaël Lô ne dénonce pas, comme le font certains de ses pairs ; entre autres exemples, Alpha Blondy, Tikken Jah Fakoly ou même Didier Awadi. Qu'est-ce qui explique une telle attitude ?

Seulement, je n'ai pas besoin d'insulter ou de blesser, pour véhiculer mes messages. Il ne faut pas critiquer pour critiquer ! Chacun à sa manière pour faire passer son message. Certains dénoncent, avec des mots durs. C'est peut-être le style de musique qu'ils font, qui le leur impose. J'ai une chanson qui s'appelle « Manko » ou « Jammu Africa » ; mais je n'ai pas besoin d'insulter personne. Le premier jour où j'insulterais quelqu'un, soyez sûrs qu'il le mérite. Il faut respecter tout un chacun, sans essayer de blesser de manière gratuite. C'est ma vision et ma conception des choses. Quand il faut critiquer, il faut le faire de la manière la plus objective. Mes messages, ce sont la paix et l'unité Africaine. C'est un rêve pour moi, et je le vis.

Votre source d'inspiration : la nostalgie, vos amours de jeunesse. On vous entend beaucoup chanter l'amour ?

A ce niveau, il faut dire que j'ai écouté beaucoup de rythms & blues. Sur un autre registre, je rends grâce à Dieu, qui me donne toujours la force de pouvoir écrire. Mon inspiration, c'est aussi mon quotidien, à travers l'environnement dans lequel j'évolue. Je suis encore plus inspiré, lorsque je suis en compagnie de mes amis d'enfance. Et pour ce qui est de l'amour, ma femme est l'amour de ma vie. C'est là également une manière d'appeler à la paix des cœurs.

Ismaël Lô et Dabakh. Qu'est-ce qui vous liait à ce saint homme ; quand on sait que vous lui avez dédié un morceau ?

C'est une chanson que j'ai écrite spontanément, durant des moments difficiles et de tristesse. Et mon prochain album à paraître, portera le nom de cet illustre homme. Parce qu'il faut dire que Dabakh nous manque à tous. C'était ma manière de lui rendre hommage. Dabakh, est un grand homme de Dieu, que le Sénégal ne cessera jamais de pleurer.

Vous êtes, par ailleurs, peintre. Peut-on savoir les formes que vous peignez et les messages que vous véhiculez à travers vos œuvres plastiques ?

C'est la même chose que la musique. Ce sont les formes d'expression qui différent. Certains prennent le pinceau, d'autres la plume ou la guitare. Avant, je faisais beaucoup les paysages et d'autres formes. Mais maintenant, je fais de l'abstrait. La musique parle ; mais en peinture, le message est beaucoup plus profond.

Beaucoup d'événements se sont passées dans votre vie d'artiste. Pouvez-vous revenir sur certains faits qui vous ont le plus marqué ?

J'ai assisté à beaucoup d'évènements qui m'ont souvent fait mal. Je me rappelle un concert qui se tenait au stade Demba Diop où je devais jouer après Harry Ballafonte. Quand ce dernier a terminé, j'ai vu des personnes sur les baffles en train de décrocher les files. Et là, un ami musicien me suggère de ne pas jouer. Ce que je fis, et le public n'a pas bronché. Voilà un acte qui m'avait fait mal…

Entretien réalisé par la rédaction



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