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[Jeudi politique] Pds et Wade : Une démocratie au gré des désirs

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[Jeudi politique] Pds et Wade : Une démocratie au gré des désirs

Le torchon brûle au Pds. Des variables et pas des moindres s'attaquent à visage découvert à celui qu'ils ont toujours considéré comme la seule constante, Abdoulaye Wade.

"C'est le moment de transformer notre grand parti, si poussif aujourd'hui, pour qu'il devienne ce qu'il n'aurait jamais cessé d'être" ! C'est cette atmosphère au parfum de scission qui prévaut au Pds où Me Amadou Sall, Oumar Sarr, Babacar Gaye entre autres, ont lancé, vendredi dernier, l'Alliance "Suqqali Soppi" pour engager la résistance contre Wade sur les flancs du parti. L'image frise le rêve aux yeux de certains, tant une telle démarche était inimaginable quelques mois auparavant. Le torchon brule ainsi entre Abdoulaye Wade et les derniers Mohicans du Wadisme qui craignent d'être submergés par une "Karimisation" galopante du Pds.

Ces mêmes responsables qui défendaient bec et ongles la théorie de la constante (Abdoulaye Wade) et des variables (le reste des responsables et militants), se retrouvent aujourd'hui dans le rouleau compresseur de "Gorgui" qui, selon eux, est réfractaire à la contradiction. Ils reprochent à Wade de faire entorse aux statuts et règlements du parti pour faire prospérer sa volonté. Ce qui, à leur avis, est contraire à l'esprit du Libéralisme social et démocratique prôné par la formation.

"Le Pds, qui est et restera un parti libéral social et démocratique, ne peut souffrir d'absence de débats avec une direction unilatérale prenant des décisions en dehors de ses instances régulières. Autant une place prépondérante est accordée au secrétaire général national, autant les instances, notamment les fédérations et le bureau politique (Comité directeur), ont des compétences statutaires qui ne peuvent être déléguées à aucun dirigeant", "y compris le secrétaire général national", rappellent les frondeurs qui invitent les militants à la résistance.

"Oumar Sarr et Cie sont victimes d'un retour de bâton"

Prenant le contrepied de ses anciens bourreaux, l'ancien directeur de campagne de Wade, Souleymane Ndéné Ndiaye s'étonne du fait qu'après des années de compagnonnage, ce n'est que maintenant qu'Oumar Sarr et Cie constatent, pour s'en indigner, qu'au Pds, la démocratie interne est au gré des désirs de la très adulée "constante", le Pape du Sopi. Selon l'ancien Premier ministre, Sarr et ses acolytes se sont engagés dans un mortal kombat "perdu d'avance". Car, l'absence de démocratie interne a toujours été une tare que le Pds traîne comme un boulet depuis sa création en 1974.

"Oumar Sarr et Cie vont perdre leur combat contre Wade. Le Pds appartient à Wade, déclare Seymane Ndéné, sur le plateau de Grand Jury. Il en est le propriétaire. Le Pds lui appartient. Ils ne peuvent pas contester le leadership de Wade. Wade, à lui seul, décide de tout ce que se passe au Pds". Pire, déclare le dernier Premier ministre du régime libéral, "Wade a un droit de vie et de mort sur tout le monde au Pds".

Une lecture que semble confirmer l'analyste politique et directeur de publication du quotidien Rewmi, Assane Samb. Selon lui, contrairement au Ps et les autres formations politiques, "la particularité du Pds est qu'il appartient à Wade, même si au début il y avait des membres fondateurs (tels que Fara Ndiaye, Boucar Aliou Sadji, entre autres). De tous les membres fondateurs, il n'y a que lui qui est resté. Il est le bailleur du parti. Tout lui appartient, mêmes les véhicules et les chaises. Du coup, il est difficile voire impossible de s'opposer à lui dans son propre parti".

8 mois sans réunion de comité directeur

Le fait est que le Pds a toujours fonctionné, au vu et au su de tous, sous le schéma d'un secrétaire national omnipotent. C'est de lui qu'émanent toutes les décisions du parti, sans concertation aucune avec la base. Laquelle base, n'a que deux options face aux décisions du Pape : "se ranger ou dégager", signale le chargé de la propagande du Pds, Assane Ba.

C'est ce qui explique d'ailleurs le nouveau mode de gestion virtuelle du parti qui ne semble pas déranger outre mesure. Depuis 8 mois, en effet, le comité directeur, l'instance dirigeante du parti ne s'est pas réunie. Le parti est ainsi téléguidé à distance par Wade-père et fils. En lieu et place des traditionnelles réunions du comité directeur (chaque vendredi), le parti est dirigé depuis 8 mois via un groupe WhatsApp.

De feu Fara Ndiaye à Madické Niang, la longue liste des expulsés

La fronde des ces responsables – et pas des moindres –  du Pds qui dénoncent cette léthargie du parti, ne restera pas impunie, à en croire les fidèles du Pape du Sopi. Me El Hadji Amadou Sall, Babacar Gaye, Oumar Sarr, Ahmet Fall Braya, Bakhaw Diongue et les autres frondeurs sont sous la menace d'expulsion pour crime de lèse-majesté.

Comme d'autres avant eux qui ont eu l'outrecuidance de défier Wade. De 1974, date de la création du parti, à nos jours, une légion d'éminents responsables du parti a été exclue.

Feu Fara Ndiaye, Boubacar Sall, Famara Mané, Boucar Aliou Sadji, Sophie Ndiaye Sisokho, Jean-Paul Dias, Mamadou Fall Puritain (Uds rénovation), Marcel Bassène, Ousmane Ngom…font partie de la première génération de membres fondateurs du Pds déflatés. Pour la plupart, les départs étaient motivés par des divergences avec Wade. D'autres ont été attirés par les sirènes du pouvoir de l'époque, en pleine opération de démantèlement du Pds, fomenté à l'époque par le tout puissant Ousmane Tanor Dieng.

Une autre vague a été notée en pleine exercice du pouvoir. Il s'agit des départs de deux anciens Premiers ministres devenus les plus farouches adversaires du Pape : Idrissa Seck et Macky Sall.  Mais aussi la fronde de Modou Diagne Fada et son "War wi", né des flancs du Pds. La dernière vague a été drainée par la perte du pouvoir et les querelles de succession qui emportera sur son passage : Pape Diop, Mamadou Seck, Samuel Sarr, Modou Diagne Fada (revenu en 2008), Aïda Mbodj, Souleymane Ndéné Ndiaye, Ousmane Ngom (revenu après 2000), Abdoulaye Baldé et tant d'autres.

Oumar Sarr et sa bande seront donc les derniers d'une longue liste de responsables éjectés, si la commission de discipline entérine la sanction.


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6 Commentaires

  1. Auteur

    Takou

    En Août, 2019 (13:33 PM)
    Cette bataille risque d’être la dernière. Les chances de la perdre sont très faible mais, il pourrait perdre cette bataille si son opposition s'organise en conséquence. Le PDS s'est suicidé depuis les élections. L'organisation n'est pas morte mais elle se trouve un état dégénérescent.
  2. Auteur

    En Août, 2019 (13:40 PM)
    Karim est l'heritier legitme du parti de son pere Wade. Tout le monde le sait et les frondeurs l'ont accepte eux-memes depuis longtemps. Alors moins de bavardage. Sils etaient sures qu'ils avaient raison sur Wade, ils n'allaient pas faire de confrerence de presse. Ils allaient directement l'attaquer en justice. Nous sommes au Senegalais. On se sait comme le dirai l'autre.
    Auteur

    Enfants

    En Août, 2019 (13:45 PM)
    Au faites Wade à combien d'enfants ?????????
    Auteur

    En Août, 2019 (16:36 PM)
    Hahatai Y chi Lii.



    Jerry Jefati Shering Touba Khadimou Rasoul.
    Auteur

    En Août, 2019 (16:43 PM)
    Wade est un visionnaire et il est resté logique dans sa démarche à savoir la promotion des jeunes. Il s'est débarrassé du bois mort du PDS. Ils ont voulu marchandé son parti mais n'ont pas atteints leur objectif . Celui qui me déçoit plus c'est Babacar GAYE qui criait sur tous les plateaux qu'il faut réformer le PDS, chose faite il crie à la trahison. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire, vous devez avoir de la grandeur et conseillez à ces jeunes à qui vous n'êtes pas plus méritants qu'eux comme Bara Gaye qui gère une Mairie et qui fait des résultats. Aujourd’hui, comme vous le dites bien vous avez participer à tous les combats donc l'heure est venue pour vous de conseiller ces jeunes et leur souhaiter plein succès dans leur mission. La politique c'est sur le terrain pas devant les caméras.
    Auteur

    Mohamed Seck

    En Août, 2019 (19:10 PM)
    Le régime parlementaire est un bateau pourri qu'il faut abandoner pour sauver le pays de la catastrophe, définitivement, il faut embrasser le parlementarisme pour sauver la démocratie sénégalaise. Les partis sont des organisations politiques tournant au gangtérisme crasse

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