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Politique

RÉDUCTION OU NON DU MANDAT DU PRÉSIDENT

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La question divise l’Apr


La question de la réduction du mandat du président de la République est sur toutes les lèvres. L’Alliance pour la République (Apr) pose aussi le débat. Cependant, cette question est loin de faire l’unanimité au sein de la formation du Président Macky Sall. Les uns optent pour le respect de la promesse du chef de l’État de réduire son mandat de sept à cinq ans et tandis que les autres veulent que le président de la République se dédise et organise la présidentielle en 2019.


C’est une situation politique rare pour ne pas être soulignée. Près de quatre ans après la dernière élection présidentielle, aucun Sénégalais ne maitrise le calendrier électoral et ne sait pas quand aura lieu la prochaine élection présidentielle, si ce n’est Macky lui-même. Alors que le débat a refait surface depuis que le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo a annoncé à l’Assemblée nationale qu’il n’est pas informé de la tenue d’un référendum et que le chef de l’État a tapé du poing sur la table le weekend dernier en prévenant qu’on ne peut pas l’obliger à tenir ce référendum, l’Alliance pour la République (Apr) essaye de trancher la question. Cependant, si le Président Macky Sall compte sur les membres de son parti pour avoir une position consensuelle, il peut déchanter. La question de la réduction ou du mandat présidentiel non divise l’Apr. En ce moment, il y a quatre courants au sein de la formation beige marron par rapport à ce débat.


En première ligne, il y a les partisans du respect de la promesse du chef de l’État qui avait annoncé, dans l’entre-deux tours, qu’il allait réduire son mandat de 7 à 5 ans. Ces derniers sont d’avis que l’élection doit se tenir en 2017 pour la crédibilité de la parole sacrée du chef de l’État, car ne pas respecter cette promesse équivaudrait à une dévalorisation de la parole de la plus haute institution du pays. Cette thèse est défendue par de nombreux membres de la Convergence des cadres républicains (Ccr), par une bonne partie de la jeunesse et par certains maires de l’Apr, souffle un membre influent de la formation marron-beige.


En deuxième ligne, il y a ceux qui ont une lecture politique de la question. Pour ces fins tacticiens constitués de membres très influents du Secrétariat exécutif de l’Apr (Sen), au-delà du respect de la parole du Président, 2017 est le meilleur moment pour aller à l’élection présidentielle, car il n’y a pas d’adversaires de taille en face de l’actuel locataire du Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. Pour les partisans de cette thèse, en 2017, Macky Sall pourra rempiler facilement, car il n’y a aucune candidature au sein de l’opposition qui pourrait lui causer des problèmes. Politiquement, ils jugent que cette année est le moment opportun pour décrocher un second mandat pour Macky Sall.


Un camp de l’Apr confirme Wade


Comme cette question ne fait pas l’unanimité dans le parti de Macky Sall qui ressemble à une armée mexicaine, les partisans de la 3e ligne, eux demandent tout simplement au chef de l’Apr de se dédire et de ne pas respecter sa promesse. Les tenants de cette thèse veulent que le président de la République fasse sept ans et que l’élection se tienne en 2019. Pour cela, ils invoquent le respect de la Constitution qui dispose que le mandat du président de la République est de 7 ans renouvelables. Ces derniers donnent raison à l’ancien Président Abdoulaye Wade qui disait qu’un mandat de 5 ans est trop court pour réaliser les projets d’un chef d’État. Pour les membres de ce camp, en 5 ans il n’est pas possible d’avoir un bilan palpable qui puisse permettre d’avoir un deuxième mandat, car, ils soutiennent que « le temps politique doit épouser la durée des chantiers ».


Des adeptes d’un mandat unique de 7 ans


Le dernier et quatrième courant non moins dynamique demande tout simplement au président de la République de faire un mandat unique de 7 ans. Ces derniers défendent la thèse selon laquelle, le chef de l’Etat doit aller au bout de son septennat et organiser une élection en 2019 à laquelle il ne participera pas. Des membres de l’Apr et certains alliés défendent cette thèse qui ferait de Macky Sall un président de transition comme l’avaient suggéré les conclusions des Assises nationales. Cependant nos sources sont convaincues que ceux qui véhiculent cet argumentaire ont des ambitions présidentielles cachées et veulent pousser Macky Sall vers la sortie pour se positionner.


Il y a aussi des membres de l’Apr qui gardent une ligne attentiste et qui sont prêts à accompagner le Président, quelle que soit la formule qu’il adoptera. En tout cas, à la lumière de ces différents courants au sein de l’Apr concernant une seule affaire, Macky Sall est averti que la question ne sera pas facile à vider dans son parti. Il est aussi certain que les positions des membres de son parti pour l’essentiel contradictoires aux attentes d’une partie de la population, ne l’aident pas à trancher la question alors que les Sénégalais attendent d’être fixés sur le calendrier électoral.



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