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Syrie: la Katiba 313, milice "commando" du régime de al-Assad

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Syrie: la Katiba 313, milice "commando" du régime de al-Assad

Katiba 313 illustre bien la mainmise partielle des alliés étrangers de la Syrie sur son appareil militaire. Cette milice, qui semble constituée de chiites (ou d'alaouites?) syriens de la région d'Alep, est prise en main et encadrée par le Hezbollah libanais. Née sans doute à l'été 2015, elle est conçue comme une unité de commandos, composée de vétérans de l'armée arabe syrienne, et pilotée par Ali Fayyad, le chef des forces spéciales du Hezbollah en Syrie, qui est tué en février 2016 à Khanasser lors de combats contre l'EI. Disposant d'effectifs visiblement réduits, Katiba 313, qui se rattache à la 2ème brigade de commandos (al-Maghaweer) du régime syrien, a adopté l'idéologie du Hezbollah et de "l'axe de la résistance", ce qui confirme qu'une partie des forces militaires du régime syrien est sous la dépendance plus ou moins direct de ses soutiens étrangers.

La page Facebook de cette formation, qui est pour ainsi dire presque la seule source d'information sur cette unité, semble avoir été créée en novembre 2011. On y voit d'abord des photos de karatékas: apparemment elles concernent le club de karaté de la police d'Alep. Les publications sur le karaté continuent en 2012-2013, assez peu fournies. La page semble être tenue par un ancien soldat de l'armée arabe syrienne, qui l'a peut-être quittée en novembre 2012, et qui a peut-être suivi une formation militaire chez un allié du régime (Iran?), tout en combattant pour des milices pro-Assad. Les indices sont ténus.

Le 30 novembre 2015, l'auteur de la page change la photo de couverture : on y voit 16 combattants en tenue militaire, dont un tireur PK et un tireur RPG-7. La photo de profil, changée le même jour, montre deux hommes poser avec leurs AK-47 (dont un muni d'une baïonnette) dans un paysage montagneux. Un message publié le même jour indique que la page ne traitera plus du karaté mais du combat pour le régime syrien dans lequel se sont manifestement engagés les karatékas (sic). On peut donc supposer que l'unité est constituée pour partie de cadres de la police d'Alep, parmi lesquels peut-être des chiites syriens, ou des Alaouites. La propre page Facebook de l'auteur, qui reprend parfois les mêmes clichés, semble montrer que l'unité existe au moins depuis août 2015. Visiblement, la milice est intervenue dans le sud de la Syrie, dans les zones rurales de Deraa et Quneitra, à Damas, sur le flanc est de l'aéroport militaire de Deir-Ezzor, dans la plaine d'al-Ghab à Hama/Idlib, et à Alep.  Une publication du 13 décembre laisse penser que la milice combat à Mansourah, dans la plaine d'al-Ghab: le nom de la formation semble bien être Katiba 313 (le titre de la page est "commandos syriens" ; le nom arabe semble effectivement renvoyer à une unité commando, Maghaweer), plus tard rattachée à une 2ème brigade.

Le 3 janvier 2016, la page déplore la mort d'un des combattants de l'unité, Daniel Mohamed Moussa, qui doit être enterré au cimetière militaire de Tartous. La formation combat à Rabia, dans la province de Lattaquié, en janvier 2016. Un combattant du groupe est tué le 8 février 2016. En février, l'unité combat à Kinsabba, toujours dans la province de Lattaquié. Les commandos semblent collaborer avec le génie dans la pose d'IED pour tendre des embuscades nocturnes aux rebelles syriens. Le groupe honore un cadre du Hezbollah, tué au combat en Syrie, qui a peut-être supervisé la formation de cette unité. Ce cadre n'est autre qu'Ali Fayyad, tué en février 2016 à Tal Haman dans la province d'Alep, lors des combats contre les rebelles et l'EI sur la route de Khanasser. Surnommé Hajj Alaa Bosnia car il avait combattu en Bosnie dans les années 1990, Fayyad était également un vétéran de la guerre contre Israël en 2006. Il combattait en Syrie depuis 2012 et s'était signalé en particulier dans son action contre la poche de la Ghouta orientale à Damas (la page Facebook évoque d'ailleurs ses opérations dans ce secteur et autour de l'aéroport international de Damas). Selon certains observateurs, il aurait même dirigé les forces spéciales du Hezbollah en Syrie. En mars, l'unité combat dans les montagnes du nord-est de la province de Lattaquié. Elle y utilise des motos. La formation semble avoir au moins une sous-unité (bataillon). Une photo du 6 mai montre un officier de l'unité, le lieutenant Mohamed Salloum. Un cliché du même jour montre un combattant sur un char T-72. En mai également, l'unité dénonce les attentats de l'EI commis dans la bande côtière alaouite, notamment à Tartous. D'après une publication de juin, on comprend que la milice dispose bien d'une capacité du génie. En mai-juin, la milice a sans doute combattu à Khan Touman, au sud d'Alep. D'après un post du 17 juin, Katiba 313 appartiendrait bien à la 2ème brigade des commandos syriens. En juillet, l'unité est déployée à Alep. Un cadre, Issa Mohamed Shaheen, commandant adjoint d'une unité, est tué. Début août, la milice est déployée dans les appartements 1070 après la contre-offensive rebelle pour lever le blocus d'Alep, via Ramousseh. En décembre, la milice prend part aux combats pour réduire la poche rebelle d'Alep-Est. Le 15 décembre, l'unité annonce la mort de 2 de ses membres : Abdullah Zakaria Hosher de la province de Lattaquié et Yusuf Ahmed Yousef de la province de Raqqa. La formation est particulièrement proche d'un officier supérieur syrien (un colonel sans doute, surnommé Abu Omra Al Ghali), avec lequel l'administrateur de la page pose souvent: c'est peut-être le chef actuel de l'unité. Le 27 décembre 2016, Katiba 313 annonce la mort d'un de ses tireurs d'élite, tué quatre jours plus tôt.

L'unité a un premier emblème: un cercle jaune, avec des couronnes de lauriers sur les côtés et des larmes de sang sur la partie inférieure, encadre le dôme de Zaynab au centre, lui-même entouré de 2 AK-47 et surmonté d'un drapeau rouge chiite. Au centre, sous le dôme, on lit Katiba 313 et en-dessous, al-Maghaweer (commandos). Dans la partie supérieure du cercle jaune, on lit: "la victoire vient d'Allah, la conquête est proche", slogan souvent utilisé par les miliciens chiites. La première version de cet emblème est le décalque, à l'exception du nom, de celui de la milice Kataib Sayyid al-Shuhada, milice née en Syrie en 2013, composée de chiites irakiens, et probablement paravent pour l'organisation Badr  ainsi que pour Kataib Hezbollah qui envoient ainsi des combattants en Syrie. En novembre 2016, une nouvelle version de l'emblème apparaît: un combattant en tenue complète, avec casque, est à genoux et vise avec son AK-47, remplaçant le dôme de Zaynab, et l'inscription inférieure dans le cercle jaune est: "les forces du commandant martyr Hajj Alaa Bosnia". L'unité s'est donc renommée en l'honneur d'Ali Fayyad, qui l'a probablement dirigée un temps avant sa mort. Le changement montre le lien étroit entre l'unité et le Hezbollah. Il est cette fois mentionné sur l'emblème que l'unité appartient à la 2ème brigade.

Sans surprise, la page de la formation fait l'éloge de Bachar al-Assad et de ses proches. En décembre 2015, la page publie des communiqués militaires du régime et fait un éloge prononcé de Bachar al-Assad et de son épouse. Elle fête aussi l'anniversaire de Maher al-Assad. Hafez al-Assad figure en bonne place dans le cortège de louanges. Le 17 décembre, une photo montre 3 hommes faisant le salut militaire devant une église. Le symbole 313, qui fait partie du nom de la formation, revient souvent : pour les chiites irakiens, il représente le nombre de commandants militaires ou de soldats devant accompagner le Mahdi quand il apparaîtra. C'est également le nombre de combattants qui aurait entouré le prophète lors de la bataille de Badr (624). Le nombre est très utilisé par les milices chiites (ou alaouites) aussi bien en Irak qu'en Syrie. Plus généralement, la symbolique chiite est très présente sur la page, à l'image de certaines milices irakiennes combattant en Syrie.

La formation est manifestement très liée au Hezbollah, qui par l'intermédiaire d'Ali Fayyad, a visiblement constituée cette petite unité de forces spéciales. L'armement est standard : AK-47, PK, RPG-7, mais on note la présence d'au moins un fusil anti-matériel iranien AM 50 (12,7 mm). Les combattants sont parfois bien protégés comme on l'a dit: casques, gilet pare-balles, lunettes pare-éclats, qui les font ressembler d'ailleurs aux fantassins du Hezbollah. L'unité ne semble pas disposer d'un effectif conséquent, les photos montrent au plus 20 à 30 hommes, ce qui correspond à la conception "élitiste" qui semble présider à la formation. A Alep, le 22 décembre 2016, l'administrateur de la page et membre de l'unité pose avec un pistolet-mitrailleur français MAT-49, en compagnie de l'officier supérieur souvent vu avec lui.


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1 Commentaires

  1. Auteur

    Yatt

    En Janvier, 2017 (16:44 PM)
    Ah les goys français !

    Un article aussi long pour ternir l'image d'un peuple qui se bat aux côtés de ses institutions contre le terrorisme sioniste, illustre le désarroi des média-mensonges occidentaux.

    Ce sont des chiites syriens dit l'article et encadrées par le Hezbollah (combattants libanais contre l'agression sioniste) qui constituent le katiba 313 ?

    Bien ! c'est aussi un aveu de la nationalité syrienne de cette unité de combat - contrairement à DAESH, Al Nosra (l'hydre) et aux combattants de "l'Armée syrienne libre" et de son appendice les "casques blancs" !!!

    La réalité est loin de cette propagande (sous couvert d'institut scientifique de recherche) que l’Institute for the Study of War (ISW), un think tank américain, pour légitimer et justifier la pensée US et contribuer ainsi à forger les opinions publiques occidentales et des media-mensonges qui lui servent de haut-parleurs.

    Une katiba est une phalange, un groupe de combat et il y a plusieurs sur le terrain, vue la dispersion de l'armée républicaine sur toute une superficie presque égale à celle du Sénégal et dans laquelle l'Otan et Israël ont recruté, armé et assuré la logistique militaire des centaines de milliers de "djihadistes", rebelles, mercenaires....

    En gros ce sont des sortes de milices d'autodéfense créées par les populations pour se défendre contre les terroristes : et il faut bien que quelqu'un les encadre !

    C'est vrai aussi que ce sont ces katiba qui font le plus de dégâts dans les rangs des djihadistes (Alep, Palmyre, région de Damas, Idlib...). :frustre:  :frustre:  :contaan:  :contaan: 

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