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Conditions de vie des détenus : L’Onlpl veut éliminer la torture

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Conditions de vie des détenus : L’Onlpl veut éliminer la torture

L’Observatoire national des lieux de privation de liberté (Onlpl) a présenté ce jeudi son Plan stratégique 2016-2018 à Dakar au siège du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. Ce lancement a été un cadre d’échanges sur les conditions de vie carcérale et les longues détentions.

A la salle baptisée capitaine Mbaye Diagne, un homme qui s’est illustré par sa grandeur et son soutien aux Peuples secoués par des conflits et les droits de l’Homme était à l’honneur. L’Observatoire national des lieux de privation de liberté (Onlpl) a fait état des conditions de détention tout en donnant des propositions pour une meilleure vie carcérale des détenus au Sénégal. Pour Boubou Diouf Tall, patron de l’Onlpl, ce nouveau Plan stratégique 2016-2018 prévoit «des visites à tout moment dans tous les lieux de privation de liberté pour s’imprégner des conditions de vie». Boubou Diouf Tall et ses camarades comptent ainsi «lutter contre le traitement inhumain et dégradant et la torture dans les maisons d’arrêt et de corrections». Le magistrat souligne que «les cas de torture sont aujourd’hui moins nombreux, le problème majeur reste les conditions de détention». Par le truchement du Plan stratégique 2016-2018, l’Onlpl veut «rationnaliser ses activités, les rendre plus visibles et surtout aller vers des résultats qui seront vraiment efficaces dans la lutte pour le respect des droits des détenus». L’Onlpl cherchera ainsi dans les deux prochaines années à «éradiquer la torture au Sénégal». Pour apporter des solutions idoines aux problèmes des détenus, l’Onlpl compte «émettre des avis, formuler des recommandations aux autorités publiques tout en donnant des propositions au gouvernement pour une meilleure gestion des lieux de privation de liberté». A en croire Boubou Diouf Tall, le Sénégal dispose de 37 Maisons d’arrêt et de correction (Mac) où sont détenues 9 544 personnes sous la supervision de 1 038 agents pénitentiaires. Il propose ainsi «un recours aux peines alternatives à la place des mandats de dépôt pour désengorger les prisons». Ce défenseur de la cause des détenus estime que «dès les premières heures de l’arrestation, l’avocat doit être présent. C’est une obligation, c’est mon combat». Venu représenter à la rencontre le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, Cheikh Tidiane Diallo, ancien directeur de l’Administration territoriale, est d’avis que «la prévention de la torture sur toutes ses formes doit être menée sur toute l’étendue du territoire». Quant à Me Bamba Sène, président du Comité sénégalais des droits de l’Homme (Csdh), il trouve «inadmissible qu’un majeur soit placé dans un même lieu de détention qu’un mineur». Avant d’ajouter : «Les commissariats sont très exigus. On m’a dit qu’à la prison de Sédhiou, il n’y a même pas de toilettes. Dans nos prisons, il se pose un problème de santé publique. Prenons le cas de Rebeuss, elle date de l’époque coloniale, la capacité d’accueil est largement dépassée.» Préoccupé par le sort des prisonniers, Me Sène propose des solutions : «Il faut désengorger nos prisons en créant d’autres, le surpeuplement est un fléau.»



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