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Enquête : Aux origines du renvoi des 42 policiers de la 44e promotion

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Enquête : Aux origines du renvoi des 42 policiers de la 44e promotion

L'École nationale de police (Enp) est secouée par le renvoi de 42 élèves-officiers et élèves-commissaires, membres de la 44e promotion, issus du concours professionnel. Vingt-quatre (24 heures) après l'ébruitement de cette affaire, Seneweb a cherché les causes réelles de ce problème.

Après enquête, Seneweb a appris que la mesure qui a frappé 42 élèves-officiers et élèves-commissaires, membres de la 44e promotion, issus du concours professionnel, est tombée juste une semaine après le démarrage de leur session de formation. Ils ont, en effet, rejoint l'école de police le 22 mai 2017. Ce jour-là, à peine accueillis par le personnel de l'encadrement, ils ont commencé à subir une séance de bizutage. Le bizutage est, en effet, un ensemble de pratiques, épreuves, traitements ritualisés et imposés, destiné à symboliser l'intégration d'une personne au sein d'un groupe social particulier (police, gendarmerie, armée, étudiants, professionnels, etc.)

Cuir chevelu et joues brûlés, pieds pourris

Selon nos sources, après les formalités d'usage, les nouveaux pensionnaires de l'école de police ont été accueillis avec un baril de chaux. C'est-à-dire de la peinture blanche servant à enduire les murs. Un produit chimique. Une pratique qui, selon certains anciens de l'école interrogés, figure parmi les méthodes de bizutage pratiquées à l'école de police. D'autres méthodes de bizutage existent également dans cet établissement, notamment l'arrosage qui se fait de 2 heures à 5 heures 30 du matin dans un coin de l'établissement appelée ''Walo'', se trouvant dans le jardin de l'école. Les élèves de la 44e promotion ont subi toutes ces formes de bizutage, sans compter les autres "privations et humiliations".

Des témoins racontent que la peinture versée sur les élèves avait fini par causer des sévices corporels. Certains élèves se sont retrouvés avec des blessures. Leur cuir chevelu et leurs joues ont été brûlés. Aussi, les bains répétées infligées aux élèves avaient commencé à ‘'pourrir'' leurs pieds. Ce qui fait que beaucoup de blessés ont été relevés dans les rangs de cette 44e promotion, mais rien n'avait fuité. Au contraire, les élèves avaient bien vécu cette expérience douloureuse sans se faire entendre, confie un officier de police, dégouté par ces actes de maltraitance.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase

Mais la goutte d'eau qui aurait fait déborder le vase est la saisie, par deux des chefs chargés d'encadrer ladite promotion (des filles), des effets de toilette des agents en formation. Il s'agit de pâte dentifrice, de crème de beauté, de savons, de parfums et autres déodorants, suite à des fouilles opérées dans les chambres des élèves de la 44e promotion, au moment où ces derniers étaient absents des lieux.

Les 42 élèves élèves-commissaires et élèves-officiers issus du concours professionnel (qui sont donc des fonctionnaires de police depuis au moins plus de 5 ans) ont alors estimé que des officiers de la Police devaient avoir le minimum d'hygiène. Ils ont alors réclamé la restitution des effets saisis en leur absence. Les deux commissaires encadreurs ont alors catégoriquement refusé la sollicitation desdits élèves, raconte-t-on. Le recours hiérarchique déposé n'a pas eu de réponse favorable. Une situation qui n'a pas plu aux officiers.

Lundi dernier, les deux commissaires encadreurs reviennent finalement à de meilleurs sentiments et décident de restituer les objets saisis. Une restitution partielle. Ayant constaté des manquants, les élèves décident finalement de ne rien prendre tant que la totalité de leurs objets n'est pas restituée. Une situation assimilée à de l'insubordination par la direction de l'école qui leur a finalement notifié leur renvoi de l'école et leur mise à disposition à la direction du personnel (puisqu'ils sont déjà des fonctionnaires).

La Direction de l'inspection des services sécurités (Diss) ouvre une enquête

Des policiers interrogés s'offusquent de cette décision. "Il n'y a eu aucun refus, même pour les brimades qui ne sont pas prévues par le règlement intérieur de l'École nationale de police. C'est un règlement signé par Jean Collin, alors ministre de l'Intérieur, qui date de 1978. Les 42 élèves renvoyés n'ont désobéi à aucun ordre, ni proféré de menaces", note une source policière.

Un autre policier qui fait partie des agents sanctionnés explique que "l'encadrement n'est pas à la hauteur puisque les deux encadreuses qui sont à sa tête ne sont même pas encore titulaires pour prétendre encadrer des ex-commandants, capitaines, lieutenants, chefs de poste de Police et autres fonctionnaires de Police. Nous avons accepté toute sorte d'humiliation".

Les élèves condamnent cette "décision malheureuse" du Directeur de l'École nationale de police et explique que ce dernier commence à être coutumier des faits. Ils expliquent qu'il avait fait la même chose l'année dernière en renvoyant les élèves de l'Administration pénitentiaire.

Pour le moment, ces 42 agents, mis à la disposition de la direction du personnel, s'accrochent à l'enquête confiée à la Direction de l'inspection des services sécurités (Diss), leur seul bouée de sauvetage. Ils jurent que dans cette affaire, ils sont des victimes sur toute la ligne.



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