Le Mali : la guerre de remplacement des Noirs sur leur propre terre ?
En observant scrupuleusement ces personnes qui reprĂ©sentent le JNIM et le CSP-D (ex-FLA), ces deux groupes qui sĂšment la terreur et la dĂ©solation au Mali, un rĂ©flexe majeur surgit dans nos cerveaux, mais que certains nâosent pas formuler.
Iyad Ag Ghaly : chef suprĂȘme et fondateur du JNIM, groupe djihadiste affiliĂ© Ă Al-QaĂŻda, opĂ©rant au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Alghabass Ag Intalla : chef opérationnel et militaire de l'Azawad, front sécessionniste qui réclame 70 % du territoire malien.
Bilal Ag Achérif : chef de l'aile politique de l'Azawad.
La premiĂšre chose qui saute aux yeux lorsquâon observe ces dirigeants, câest leur apparence physique et leur origine ethnique. Il sâagit de personnes dâascendance arabo-berbĂšre, quand bien mĂȘme certains les dĂ©signeraient comme Touaregs. Ils partagent les mĂȘmes traits et le mĂȘme hĂ©ritage culturel quâun ressortissant saoudien, Ă©mirati ou qatari. Cela explique dâailleurs la facilitĂ© et la promptitude avec lesquelles lâArabie saoudite leur ouvre les portes de ses plateformes mĂ©diatiques pour des interviews. En somme, ce sont des proches parents.
Pourtant, un constat réel est bien visible : plus de 90 % des djihadistes qui combattent pour eux sur le terrain sont plutÎt des Noirs, c'est-à -dire des Peuls ou des Bambaras.
Comment interprĂ©ter cette contradiction raciale entre les vĂ©ritables dirigeants du JNIM et de lâAzawad dâorigine arabe et leurs soldats sur le terrain, majoritairement noirs ? Comment parviennent-ils Ă mobiliser des hommes noirs pour une cause qui, en rĂ©alitĂ©, ne sert que leurs propres intĂ©rĂȘts, au dĂ©triment de ces mĂȘmes combattants ? Et comment comprendre que des Noirs acceptent de se battre contre leurs propres semblables au profit de ces chefs ?
La rĂ©ponse tient en un mot : lâislam.
Câest par ce biais quâils ont su convaincre ces hommes que leur identitĂ© religieuse prime sur leur identitĂ© raciale, et que leur combat serait dâordre spirituel, non ethnique. Pourtant, aucun de ces dirigeants arabes nâenvisagerait dâunir sa fille Ă lâun de ces combattants noirs, mais la race nâaurait rien Ă voir lĂ -dedans, bien entendu.
Câest donc par lâislam quâils ont rĂ©ussi Ă dĂ©tourner les Moussa et les Coumba de la rĂ©alitĂ© de leur projet : une substitution dĂ©mographique et identitaire progressive. Câest par lâislam quâils sont parvenus Ă instrumentaliser des Noirs contre dâautres Noirs, sans que ces derniers nâĂ©prouvent le besoin de sâinterroger, ne serait-ce quâun instant, sur le sens de ce quâils font.
Comprenez-vous Ă prĂ©sent ce que nous coĂ»te le fameux « nous sommes musulmans avant d'ĂȘtre noirs » ?
Ăa nous coĂ»te ce qui fait de nous des humains, ce qui nous permet de prendre des dĂ©cisions Ă©clairĂ©es : c'est-Ă -dire la raison, la rĂ©flexion, le cerveau. Ăa nous enlĂšve tout ça ! Nous devenons des zombies, prĂȘts Ă nous manger nous-mĂȘmes !
En définitive, quel destin attend tous ces hommes qui se revendiquent djihadistes et combattent au service de ces groupes, quelle que soit leur ethnie (peule, bambara) ? Leur sort ressemblera-t-il à celui des tirailleurs sénégalais au camp de Thiaroye ?
Une fois leur sinistre besogne accomplie contre leurs propres compatriotes, ces combattants ne seront-ils pas trahis ?
La logique est implacable : aucun chef sensĂ© ne laisserait dans ses rangs des hommes qui ont acceptĂ© de sâen prendre Ă leurs propres frĂšres de sang et de culture. Ils constituent un risque permanent et un tĂ©moignage gĂȘnant.
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